Sujet de recherche

Design frugal : vers une réappropriation sensible de nos environnements domestiques.  

Une recherche par le design visant à investir les individus dans des pratiques domestiques sensibles, les engageant dans une collaboration renouvelée avec leurs ressources et leur environnement.

 

Dans le contexte actuel d’urgence écologique, notre dépendance au monde industriel très consommateur s’avère être une impasse. Depuis les années 1960, nos pratiques domestiques de subsistance, autrefois autonomes et hors-marché (dites vernaculaires ou traditionnelles), s’effacent pour laisser place à des formes de subsistance modernes, réduisant à peu de chose notre engagement physique et sensible envers le monde. Notre corps est de moins en moins sollicité, que ce soit à travers nos sens - permettant l’acquisition d’une connaissance sensible (Inglod, 2014) - ou à travers l’effort musculaire – dit énergie métabolique (Illich, 1973). L’ampleur alarmante de la crise écologique nous incite à requestionner nos manières d’habiter. Cette recherche se positionne dans la continuité des littératures et des projets qui s’engagent dans l’écologie à travers la valorisation de savoir-faire et de techniques sobres et situés (« design low tech », «désobéissance technologique », « innovation familiale », « industrie vernaculaire », etc.) ; mais aussi dans la lignée des postures d’émancipation, de désobéissance ou d’autonomisation de l’homme vis-à-vis des modes de vie centralisés et industriels (Ernesto Oroza, Michel de Certeau). 

Au sein de cette pensée d’une écologie de la sobriété - souvent restreinte à la question des techniques - la qualité des relations établies entre l’individu et son cadre de vie reste peu questionnée. Redonner une place au sensible dans nos quotidiens permettrait peut-être d’engager les individus dans une interrelation renouvelée avec leurs ressources et leur environnement. La reprise en main de nos moyens de subsistance associée à une mise en pratique de la frugalité, pourrait bien à l’avenir assurer une existence plus soutenable et optimiste.

Directeur de thèse 

Samuel Bianchini, HDR, Enseignant-chercheur, Maître de conférences en Arts et Sciences de l’art à l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs et directeur du groupe de recherche Reflective Interaction de l’EnsadLab. 

Co-encadrants

Claire Brunet, Maître de conférences en Philosophie, directrice du département Design à l’École normale supérieure de Cachan.

Emanuele Quinz, Maître de conférences à l’Université Paris VIII et enseignant-chercheur à l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs.